Nicolas Frize-chaos a quai 1@photoEclat-illustrationNicolasFrize

NICOLAS FRIZE

“Chaos à quai”
Pièce originale - Création in situ

“Des sons s’engouffrent dans la gare, il paraît qu’ils viennent de Brive. Filant
à vive allure, des éclairs de voix roulent et sinuent entre les rails, faisant résonner le métal. Un quatuor à cordes se balance depuis la marquise, au-dessus d’un quai agité. Nicolas Frize-chaos a quai 1@photoEclat-illustrationNicolasFrize

NICOLAS FRIZE

“Chaos à quai”
Pièce originale - Création in situ

“Des sons s’engouffrent dans la gare, il paraît qu’ils viennent de Brive. Filant
à vive allure, des éclairs de voix roulent et sinuent entre les rails, faisant résonner le métal. Un quatuor à cordes se balance depuis la marquise, au-dessus d’un quai agité. Quelques voyageurs bruyants vont et viennent sans savoir quelle destination. Leurs valises à roulettes chantent et tressautent de joie. Des chariots glissent lentement sur le quai n°2, en quête d’un improbable départ. Le chef de gare annonce des trémolos dans la verrière, des froissements sur les quais, des trames en suspension dans les tableaux d’affichage, il annonce presque
n’importe quoi. Le TER se décide à passer ; trop vite pour s’arrêter. Un wagon solitaire observe sur le côté, n’osant chuchoter. La locomotive fraiseuse attend la neige en gémissant. Elle appelle, timide et majestueuse. Le contrôleur, juché sur un manche à roulettes, file en zigzag, un sac de sons dans le dos.
Pendant que des rails s’entortillent, obsédés par la quête de se rejoindre, des flux sonores dévalent du plafond de verre pour se répandre sur les bastings en sueur. Le soleil vire au bleu. Le jour éclaire l’air, frémissant ses ondes, vibrant dans les voies. La partition appelle, rebondit, et tournoie dans un tonnerre
de dialogues. Le cheval de fer gronde, emplit ses poumons, roule de toute son ombre entre les quais de velours. L’assemblée des enceintes roucoule, fantasque, et se tort de désirs de la situation incontrôlée. Gare au quai, le chaos guette. Quête du quai insatiable, au guet de la gare. Rares sont les gares aux aguets. Rares sont les quais quiets. L’orchestre roule, glisse, s’en vient, s’envole et chante ses trouvailles. La musique emporte la musique. Et si les trains emportaient les trains ? Ce serait la fin. Mais non, le long des traverses, des draisines progressent en mélodies. Sur les plateformes, les chariots silencieux font clapir et mugir leurs valises de crescendi et de portamenti délicieux. Des solistes imaginaires jouent tous ensemble, oubliant d’être solistes. Et le choeur ? Il n’y a pas de choeur. Et la trompette ? Il n’y a pas de trompette. Mais la musique alors ? Une musique sans choeur ni trompette c’est comme une micheline sans pneu Michelin.
Dans l’art ferroviaire, les roues n’ont pas de pneumatique, ça, c’est un début de musique…”


Projet de : Nicolas Frize
Assistantes : Isabelle Fuchts, Julie Gonzalez
Régie : Philippe Audibert
Ingénieur son : Alain Français / De Préférence
Coproduction : Le Parapluie-Centre International de création artistique-Aurillac, Les Musiques de la Boulangère
Avec le soutien de : la S.N.C.F.

DANS LE CADRE DU FESTIVAL
les 17, 18, 19 et 20 août à 13h45 et 20h30
Aurillac, Gare SNCF
Spectacle en accès payant - Tarif unique : 12 €
durée : 40 mn
photo © Eclat, Illustration © Nicolas Frize

http://www.nicolasfrize.com

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