En
2004, l’Association ECLAT, productrice du
Festival s’est doté du "PARAPLUIE
- Centre international de création artistique,
de recherche et de rayonnement pour le théâtre
de rue " et premier lieu de fabrique construit
de toutes pièces et dédié au
théâtre de rue. Situé à
Naucelles, sur la Communauté d’Agglomération
du Bassin d’Aurillac, le Parapluie est composé
de véritables espaces de travail (ateliers
spécifiques de construction, studio de répétition
et espace extérieur aménagé
pour l’installation de chapiteaux) et permet
ainsi la construction et la mise en œuvre
des projets de spectacles des compagnies accueillies
en résidence. S’ajoutant au lieu d’hébergement,
ce lieu de fabrique donne aujourd’hui au Festival
d’Aurillac les moyens d’accueillir et
d’accompagner les artistes tout au long du
processus de création et toute l’année.
En
20 ans, le théâtre de rue est devenu
une dominante culturelle forte du Bassin d’Aurillac.
Attirant plus de 100 000 personnes chaque
été, reconnu au plan national et international,
le Festival a d’abord rencontré le
public local qui se l’est, peu à peu,
approprié. La construction et l’ouverture
du centre international de création artistique,
de recherche et de rayonnement pour le théâtre
de rue « Le Parapluie » a
constitué une étape essentielle du
développement du Festival et de la création
dans le domaine des arts de la rue, ainsi que du
rayonnement culturel de ce territoire.
> « Le Parapluie », pourquoi ?
L’histoire du Festival d’Aurillac est
particulièrement atypique dans le paysage
culturel français. Créé en
1986 et inscrit volontairement dans un territoire
rural, il n’a cessé dès lors
de s’imposer comme l’une des principales
manifestations de spectacle vivant en France, festival
de référence pour les Pouvoirs publics,
référence aussi à l’échelle
européenne en matière d’Arts
de la rue.
Tout en ouvrant la programmation à des formes
très différentes, Michel Crespin puis
Jean-Marie Songy et leurs équipes ont créé
avec les artistes de rue des relations fortes et
durables. Ce festival a été construit
grâce et avec les artistes de ce secteur du
spectacle vivant. Depuis les débuts, le nombre
de compagnies n’a cessé de croître
: en 1986, Aurillac accueillait 6 compagnies officielles
et 1 compagnie de passage ; aujourd’hui,
la programmation compte environ 20 compagnies
officielles et plus ou moins 400 compagnies de passage.
Une programmation reconnue à la fois pour
sa qualité et son ouverture à tous
et à toutes formes d’expression.
> Succès public et ancrage dans le territoire
Le succès « grand public »
de la manifestation a confirmé cette réussite.
Durant le Festival, Aurillac triple sa population :
plus de 100 000 personnes se croisent, durant
les 4 jours. On y rencontre un public très
divers, intergénérationnel et traversant
toutes les classes sociales. En parallèle,
les habitants du Bassin d’Aurillac se sont
également approprié le Festival. Les
20 éditions ont peu à peu formé
localement un public friand et connaisseur du théâtre
de rue. Ce qu’a bien montré le succès
immédiat et grandissant des « saisons »
initiées à partir de 1999, programmations
de spectacles hors période du Festival dans
des villes et villages de l’agglomération
aurillacoise, du département et de la région.
Dans la continuité de ce travail, l’édition
2004 a marqué un tournant avec l’affirmation
de l’allongement du Festival : déconcentré
du 7 au 17 août, il a retrouvé du 18
au 21 août 2004 son format original avec le
« Rendez-vous des compagnies »
(18 compagnies dans la programmation officielle
et 450 compagnies de passage).
> Un Festival au cœur de la création
contemporaine
Par ailleurs, au delà de l’événement,
le Festival tire en grande partie son essence de
l’intérêt qu’il porte à
la création contemporaine. Celui-ci s’est
développé sous différentes
formes : résidences d’écriture,
de construction, de répétition ;
coproduction, ces dix dernières années,
de créations majeures de spectacles de rue
(Royal de Luxe, 26000 Couverts, Générik
Vapeur, Teatro del Silencio, Delices Dada, Compagnie
Off, Métalovoice…) ; participation
à l’installation permanente à
Aurillac de la compagnie d’origine chilienne
« Teatro del Silencio » ;
attention portée au travail de la jeune compagnie
« Trace(s) en poudre », constituée
d’anciennes élèves de la classe
Théâtre du Lycée Emile Duclaux
d’Aurillac. Ou encore l’engagement dans
le domaine de la formation, qui se traduit par le
partenariat avec l’option Théâtre-Expression
Dramatique du lycée E. Duclaux et l’implication
directe d’Eclat dans le cursus de formation
de la FAI AR (formation avancée itinérante
des arts de rue) à partir de cette année
2005.
Autant de contributions du Festival à l’évolution
du théâtre de rue en France et en Europe
qui sont renforcées par l’ouverture
du « Parapluie », qui conforte
ainsi son identité et favorise son développement.
> « Le Parapluie », comment ?
Pour soutenir le développement du Festival
et répondre au besoin de l’association
Eclat, la Communauté d’Agglomération
du Bassin d’Aurillac (CABA) s’est engagée
dans la construction et l’aménagement
du « Parapluie », premier
exemple en France de construction d’un lieu
spécifique pour les Arts de la rue (activités
habituellement orientées vers des locaux
issus de reconversion de friche industrielle). La
CABA a pour cela acquis un domaine de quatre hectares,
situé sur la commune de Naucelles à
un kilomètre du bourg et à moins de
trois kilomètres d’Aurillac, au carrefour
de voies de communication et éloigné
de toute habitation, pour des conditions de travail
optimales.
> Un lieu pensé pour et avec les artistes
Si le spectacle de rue est une œuvre artistique
qui émane des espaces communs, s’en
inspire et y retourne, son processus de fabrication
nécessite en effet des conditions techniques
particulières : un lieu de répétition
en intérieur, suffisamment vaste pour accueillir
des œuvres préparées à
la dimension des espaces publics ; des espaces
de répétitions en extérieur ;
des ateliers pensés et adaptés à
cette forme de travail. Et, bien entendu, toutes
les autres conditions requises pour la création
d’un spectacle vivant : écriture,
documentation, recherche, répétition,
construction (accessoires, décors, costumes,
machines...), studio d’entraînement.
Des réunions de travail et des échanges
entre Jean-Marie Songy, l’équipe d’Eclat,
des compagnies (ilotopie, Teatro del Silencio, Générik
Vapeur, L’Illustre Famille Burattini, Décor
Sonore…) et l’architecte chargé
du dossier, Daniel Marot, ont permis de prendre
en compte tous ces éléments dans la
définition du cahier des charges et d’établir
un certain nombre de choix quant aux volumes, surfaces,
équipements divers. Ainsi, l’ensemble
des deux volumes qui constituent le « Parapluie »
présente une couleur volontairement nuancée
de gris, les matériaux dominants étant
le béton (y compris pour les sols) et le
métal pour marquer l’aspect « Fabrique »
du lieu. L’intégration dans le paysage
a été travaillée par des terrassements
abaissant les hauteurs apparentes du bâti
afin qu’il ne se détache pas trop du
relief naturel du terrain. Une toiture en forme
de pavillon (ou évoquant un parapluie, savoir-faire
aurillacois traditionnel et contemporain…)
s’étire au-dessus des ateliers pour
redescendre en pente douce vers le sol.
> Visite du « Parapluie »
Conçu et dessiné par l’architecte
Daniel Marot
« Le Parapluie » se compose
de deux bâtiments :
un
espace de construction (1375 m2). Elément
principal, il est destiné à la fabrication
des éléments scénographiques
et aux répétitions. Pour être
adaptable à différents types de créations,
l’espace principal dégage un volume
libre de tout élément de structure
de 27x27 m avec une hauteur de 11 m.
un
studio (316 m2). Il propose différents
espaces spécialisés dans le travail
de l’acteur et la recherche documentaire.
Plusieurs éléments le composent :
A
l’extérieur, 3 000 m2 sont aménagés
(espace minéralisé en goudron et béton,
bornier électrique, point d’eau) pour
l’implantation de chapiteaux. Cet espace pourra
être aussi utilisé comme lieu de travail
et de répétition.
> Les résidences depuis 2004
Depuis
2004, de nombreuses compagnies ont été
accueillies en résidence au Parapluie :
Décor
Sonore, Générik Vapeur, L’illustre
Famille Burattini, KompleXKapharnaüM, Le Phun,
Trace(s) en Poudre, Teatr Strefa Ciszy, Turak, Teatro
del Silencio/Karlik Danza Teatro, Sèmola Teatre,
Le Nyctalope, Le Théâtre du Voyage Intérieur,
La Machine, Les Souffleurs, FAI AR, 26 000
Couverts, Bruit de Béton, L’Eléphant
Vert, Carabosse, Les Colporteurs,
Brut de Béton, Délices Dada, Theatr Strefa Ciszy,
2 Rien Merci, Théâtre Group', 3 Points de Suspensions,
Les Piètons, Compagnie Amoros et Augustin, Teatro
del Silencio, Générik Vapeur, Puce Muse, Lackaal Duckric,
Kumulus, Le Cercle de la Litote, Illimitrof' Compagny,
Les Alama's Givrés, Compagnie Off, Transe Express, Metalovoice, Arcat,
Gran Reyneta, Compagnie Malabar, Théâtre de l’unité, Carnage Production,
Athra et compagnie, Magma Performing Théâtre.