L e Festival International de Théâtre de Rue d’Aurillac : quelle histoire ! Une histoire traversée par les luttes, les fêtes, les fracas du monde. Être un Festival dit “historique”, c’est écouter son époque, dans ses passions et ses urgences, C’est ouvrir un espace commun où l’on accompagne, provoque, questionne et rassemble.

Cette édition 2025 poursuit cette histoire avec force et densité. Elle s’annonce indocile, mouvante, incandescente. Elle convoque des récits d’aujourd’hui, des élans collectifs, des cris politiques, des rituels sensibles, des traversées intimes, des éclats de beauté, des frictions nécessaires.

Mais cette édition s’ouvre dans un monde abîmé. Un monde traversé par les conflits, les injustices, les exils, les censures, les violences qui s’étendent. Un monde où les voix libres sont menacées, bâillonnées par des vents autoritaires et conservateurs qui avancent, inexorables. Un monde où la création elle-même est remise en cause – parce qu’elle dérange, parce qu’elle déborde, parce qu’elle accueille.

Nous croyons que l’art est public. Nous croyons que la rue appartient à toutes et tous. Nous croyons que l’espace public est un lieu d’expression, de résistance, de partage. Nous croyons que l’hospitalité, le respect, l’attention à l’autre ne sont pas des choix mais un préalable. Nous croyons que face à la peur, face au repli, il faut opposer le geste poétique, le désordre joyeux, les valeurs humanistes, la fête collective.

Cette année encore, des centaines d’artistes venus de France, d’Europe, du Brésil — dont nous saluons la scène vibrante et insoumise — et d’ailleurs, investiront Aurillac, ses rues, ses places, ses jardins, avec plus de 750 spectacles.

Entre compagnies émergentes et artistes reconnus, paroles intimes et gestes collectifs, fictions rebelles et rituels partagés, cette édition incarne ce que le théâtre de rue peut : relier, révéler, troubler, réjouir.

Le théâtre de rue n’est pas un ornement, il est une nécessité vitale à une époque où les imaginaires sont sous pression, où l’on voudrait réduire l’art à la distraction, ou le faire taire. Alors ouvrons la rue. À la beauté, à l’insolence, à la contradiction, à l’autre. À la joie, aussi. Car ce Festival est une fête. Une fête des sensibilités, des émotions, des désirs.
Alors cette année encore, peut-être plus que jamais, rêvons, luttons, dansons, jouons. Et c’est justement pour cela que nous sommes là. Pour cela que vous êtes là.

Alors bienvenue à toutes et à tous pour cette 38e édition historique.

Frédéric REMY,
Directeur d’ÉCLAT